Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

dimanche 24 août 2014

"Ma jupe ne veut pas dire oui", "Ma robe ne veut pas dire oui", "Mes talons ne veulent pas dire oui", "Mon maquillage ne veut pas dire oui", "Mon jogging ne veut pas dire oui"... Je pourrais continuer longtemps comme ça mais au bout d'un moment ça saoule (si, si je vous assure). Au final, pourquoi se focaliser sur la tenue / le look des femmes ? Ce qui est primordial de rappeler c'est qu'une tenue, quelle qu'elle soit, ne veut rien dire. Mon corps, mes choix, mon consentement.


"Ma jupe / ma robe ne veut pas dire oui"

De nombreuses campagnes contre le harcèlement dans l'espace public en France s'attaquent au slut-shaming dont sont souvent victimes les femmes dans la rue. Je peux citer par exemple le tumblr "A dress is not a yes" ou encore la campagne d'affichage du collectif contre le harcèlement de rue à Rennes : "Ma jupe ne veut pas dire oui".
Je me réjouis vraiment de ces mobilisations un peu partout en France et sur le web mais d'un autre côté je m'interroge sur cette focalisation sur certains types de tenue. Ces campagnes partent en effet du principe que certaines tenues (robe ou jupe principalement) enverraient des "signaux de consentement" et d'autres tenues "jogging, jeans, sweat, voile" n'en enverraient pas. Sauf qu'aucune tenue n'envoie de pseudos messages de consentement et aucune tenue ne parle à la place d'une personne. JE dis oui ou JE dis non. Et si JE ne dis rien c'est à la personne en face de se soucier si je consens ou non à son comportement ou à ses actes.

Le harcèlement de rue n'a pas de tenue

Depuis mon adolescence, j'ai été harcelée en jean principalement vu que c'est ce que je porte le plus souvent, mais aussi en robe, en jogging, en portant des talons mais aussi en baskets, avec un gros sweat ample sur le dos ou bien avec un décolleté plongeant.
D'autres témoignages m'ont fait réfléchir à propos de ce fameux sujet de la tenue vestimentaire. Joue-t-elle un rôle dans le harcèlement dans l'espace public ? Pas vraiment. Aucune tenue n'empêche d'être harcelée (ça se saurait hein sinon) et inversement, aucune tenue ne garantit d'être harcelée dans l'espace public.

Harcèlement de rue et tenue vestimentaire

"Si les vêtements sont la cause du harcèlement... les assiettes font grossir, les voitures poussent à conduire en état d'ivresse et les stylos font des fautes d'orthographe."

Je suis harcelée avant tout parce que l'on m'identifie en tant que femme dans l'espace public. Et cette bi-catégorisation implique que les hommes me perçoivent d'une certaine façon dans l'espace public. Ils m'assignent automatiquement certains stéréotypes de genre et me rappellent à l'ordre comme le souligne Marylène Lieber dans son ouvrage "Genre, violences et espaces publics".

Consentement et harcèlement dans l'espace public 

La question qui revient TOUJOURS lorsque l'on parle du harcèlement dans l'espace public est la suivante "Oui mais le harcèlement de rue, à partir de quand est-ce que ça commence ?" Je pense qu'aborder cette question sous l'angle du consentement est essentiel et ça fait sens avec toutes les campagnes ".... ne veut pas dire oui".
Est-ce que je consens à me prendre des remarques sur mon physique et/ou ma tenue ? Non, parce que TON AVIS NE M'INTÉRESSE PAS.
Est-ce que je suis d'accord avec le fait que l'on me siffle ou que l'on me klaxonne ? Non, alors tu n'as pas à le faire.

Ça paraît évident dit comme ça mais ça ne l'est pas du tout. La plupart des hommes se sentent légitimes à agir ainsi sans se poser la question de savoir si leur comportement me plaira ou non puisqu'il n'y a pas de recherche d'interactions, de dialogue. La faute à qui / à quoi ? Aux stéréotypes de genre. Tant qu'on continuera à valoriser les démonstrations de virilité dans l'éducation des garçons, je doute sincèrement que quoi ce soit change durablement. Apprendre aux mecs que la violence sexiste est normale, qu'insister auprès d'une nana pour qu'elle cède est une approche classique de "drague", que donner son avis sur le physique d'une femme est légitime, que le désir d'un homme est plus important que celui d'une femme, etc...

Alors attaquons-nous à la source du problème, sans détours.

Aucune tenue ne veut dire oui, c'est mon corps, ce sont mes choix, c'est à moi que revient l'expression de mon consentement ou de mon refus et tout le monde doit le respecter.

1 commentaire:

  1. Très juste ! La tenue n'a rien à voir. C'est le sentiment de toute puissance des hommes le vrai problème.

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