Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

dimanche 25 mai 2014

Le harcèlement de rue concerne en grande partie les femmes mais pas seulement. Toutes celles et ceux qui sortent du chemin hétéronormé et de la logique binaire des sexes sont davantage susceptibles d'être victimes de harcèlement dans l'espace public. Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, les cas de LGBTphobies ont explosé en 2013 et la rue reste l'espace principal où se manifeste cette intolérance. 

LGBTphobies dans les lieux publics

Le genre mais aussi l'orientation sexuelle sont sources de nombreuses discriminations dans l'espace public. Gays, lesbiennes, bi, trans sont loin d'être épargnés par les insultes et propos haineux dans la rue et les lieux publics. Le rapport annuel 2014 de SOS Homophobie démontre d'ailleurs une augmentation des cas de LGBTphobies dans l'espace public en 2013.

"Avec 291 cas de LGBTphobies rapportés en 2013, contre 165 en 2012, les lieux publics ont été une scène à ciel ouvert d'une intolérance oppressante pour les personnes homosexuelles, bisexuelles et trans... ou perçues comme telles. La rue et les parcs restent les principaux lieux où se manifestent l'homophobie, la biphobie et la transphobie dans ce contexte (2/3 des témoignages), suivis des transports en commun (12%) et des lieux de drague (6%)." 

The Center for American Progress s'est aussi penché sur la question de la transphobie dans l'espace public aux États-Unis et les chiffres sont accablants. Selon leur étude, 53% des personnes transgenres ont été harcelées verbalement et injuriées dans des lieux publics.



Une société hétéronormée et intolérante

Les cas de LGBTphobies ont explosé en 2013 suite aux débats sur le mariage pour tous, c'est un fait. Cette vague d'intolérance n'est pas passée inaperçue puisqu'elle a été massivement relayée par les médias. Mais à qui la faute ? La Manif pour tous est selon moi la partie visible de l'iceberg et est symptomatique de la société hétéronormée dans laquelle nous vivons. L'hétérosexualité est la norme, c'est "naturel".  La logique binaire des sexes aussi : tu es sois un homme, sois une femme et on t'incite continuellement à correspondre à ces standards genrés. D'ailleurs, dans les cours d'"éducation sexuelle", (aussi loin que je m'en souvienne), on ne m'a jamais parlé de rapports entre personnes de même sexe ni expliqué ce que signifiait le terme transgenre. C'est pour vous dire à quel point on nous apprend (apprenait, j'espère que ça a un peu changé depuis) à rester cantonner à cette vision hétéro de la sexualité. En dehors de l'école, nous baignons aussi dès l'enfance dans cette culture de l'hétérosexualité à travers les dessins animés, les jouets, la publicité et j'en passe.

Sortir de ce cadre hétéronormé reste toujours un combat aussi bien dans l'espace public que dans la sphère privée. Aujourd'hui encore, le risque de suicide chez les jeunes homos est 6 à 7 fois plus élevé que chez les hétéros. Aujourd'hui encore, certains couples de même sexe n'osent pas se tenir la main ou s'embrasser dans certains lieux publics, d'autres hommes préfèrent s'habiller de façon plus virile pour ne pas être perçus comme gays et se prendre des remarques homophobes dans la rue. Cette oppression est réelle et est très bien expliquée dans l'article "Des hommes harcelés dans la rue."

La notion d'intersectionnalité

Le harcèlement dans l'espace public ne peut donc pas s'étudier uniquement sous le prisme de la domination homme/femme car de multiples formes de domination sont en jeu. Et c'est ce qui m'amène à évoquer la notion d'intersectionnalité (terme que j'ai découvert grâce à Twitter donc reconnaissance éternelle envers les féministes que je follow ^^). L'intersectionnalité permet en effet de penser l'articulation entre différentes formes de domination et discriminations dans la société. Racisme, sexisme, LGBTphobies, rapports de domination entre classes sociales, autant de réalités, de problématiques qui doivent être appréhendées et combattues ensembles.

Tweet de Laverne Cox sur la transphobie et la misogynie Petite capture d'écran du tweet de Laverne Cox qui l'a rappelé à l'occasion du hashtag #YesAllWomen.


C'est dans cette logique que nous devons penser le harcèlement dans l'espace public. L'intolérance, sous toutes ces formes, est tout simplement inacceptable. Et dans ce contexte de haine décomplexée envers les minorités, c'est à nous d'agir.

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