Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

Stop au harcèlement dans l'espace public à Mulhouse

lundi 21 avril 2014

Qu'est-ce que le harcèlement de rue ?

Tentative de définition du harcèlement de rue

Qu'est-ce que le harcèlement de rue ? Que mettre sous cette "étiquette" ? Je me suis déjà souvent posée cette question : à partir de quand peut-on parler de harcèlement de rue et qui est concerné ?

Selon Wikipédia, le harcèlement de rue se définit comme "une pratique sexiste courante consistant, pour des hommes, à adresser aux passantes des remarques sur leur apparence physique, leur tenue, à les insulter ou à leur faire des propositions de nature sexuelle."

Cependant, cette définition ne me convient pas vraiment car elle ne montre pas l'étendu du problème. Alors voici une définition plus large (qui me semble correspondre davantage à la réalité) extrait de l'article "Le harcèlement de rue n'est pas une fatalité" de Libération :
"Le harcèlement de rue, c’est tous les jours, pour toutes les femmes, mais aussi pour toutes celles et ceux qui ne correspondent pas à certaines normes établies (lesbiennes, gays, etc.). De la simple interjection à l’agression physique, ce sont tous les comportements non sollicités, irrespectueux, menaçants et/ou agressifs, qui s’expriment dans l’espace public à l’égard de certaines catégories de personnes, du fait de leur genre ou de leur apparence physique ou vestimentaire. Ce sont leurs répétitions qui en font un harcèlement, inévitable par le simple fait d’être dans l’espace public."

La prise de conscience 

Baisser la tête, marcher vite, ne pas répondre, faire comme si je n'avais rien entendu, me dire que c'est pas grave, il y a pire. Voilà ce que je fais depuis que je suis ado dès que des hommes m'interpellent, me sifflent, m'insultent et s'approchent de moi alors que je marche tranquillement dans la rue. 
Jusqu'en 2012, je ne savais pas comment appeler ça. Agressions verbales ? Pas vraiment puisqu'il n'y a pas forcément insultes. Très souvent, des hommes me parlent juste parce qu'ils estiment qu'ils sont en droit de me dire ce qu'ils veulent et de m'appeler comme bon leur semble.

Grâce au film "Femme de la rue" de Sophie Peeters, dont une partie fut diffusée à l'époque dans Envoyé Spécial sur France 2, j'ai commencé à comprendre l'ampleur du problème. Que ce soit des invitations, des compliments, des interpellations, tout nous rappelle que la rue est "le fief des mâles" pour reprendre l'expression d'un article du Monde.


C'est à partir de ce moment là que j'ai lu et entendu le terme "harcèlement de rue" sur les réseaux sociaux, à la TV, dans la presse, etc. 
En 2013, un autre reportage, réalisé cette fois-ci en France par une journaliste pour Envoyé Spécial, fait le même constat de cette domination masculine dans l'espace urbain. L'émission débute par des chiffres accablants : 
"D'après une étude de l'Insee, 25% des femmes âgées de 18 à 29 ans ont peur dans la rue, 20% se font injurier au moins une fois par an et 10% subissent des baisers ou des caresses qu’elles ne désirent pas."


Il est grand temps d'agir

Prendre conscience du harcèlement de rue, c'est bien. Agir, c'est mieux. Aujourd'hui en France, seul le harcèlement sexuel est puni par la loi.
Des collectifs comme "Stop harcèlement de rue" ou d'autres initiatives comme "Paye ta Shnek" et "Projet Crocodiles" dénoncent et tentent de faire bouger les choses avec de petits moyens mais, au final, qu'est-ce qui a changé ces dernières années ? Pour moi, rien. Des hommes estiment toujours qu'ils ont le droit de m'appeler "Ma jolie", "Ma gazelle", "Ma belle", de me faire des réflexions sur mon physique, de me siffler, de me faire des gestes obscènes. Des hommes me traitent toujours de sale pute quand je rentre seule à 2h du matin, peu importe ma tenue. Et au regard des témoignages que je lis chaque jour sur Twitter ou Facebook, je suis loin d'être la seule dans cette situation.

Alors j'ai décidé d'agir car je n'en peux plus. Je n'en peux plus de baisser la tête, de devoir marcher vite parce que je me sens en danger, de ne pas répondre aux remarques, de faire comme si je n'avais rien entendu. Je n'arrive plus à me dire que ce n'est pas grave parce que ce harcèlement est bel et bien une (op)pression qui s'opère chaque fois que je sors de chez moi. Ouvrir ma gueule, voilà mon arme à présent. Je réponds, je regarde ces hommes droit dans les yeux quitte à prendre des risques, je tente de leur expliquer que je n'ai pas à subir leurs réflexions juste parce que je passe devant eux, je leur dis de la fermer tout simplement.

Et j'ai aussi voulu créer ce blog pour publier les témoignages de celles et ceux qui veulent exprimer leur ras-le-bol et qui veulent se mobiliser concrètement contre le harcèlement de rue aussi bien au niveau local qu'au niveau national. Il est grand temps d'agir et si ce n'est pas nous (femmes, hommes, LGBTQIA, hétéros, peu importe en fait) qui nous mobilisons, alors qui le fera ?

Si vous vous sentez concernées-és par ce combat et que vous avez envie de participer en témoignant / rédigeant des articles sur le blog / en organisant un évènement, n'hésitez pas à me contacter via les réseaux sociaux. Toutes contributions / idées sont les bienvenues.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire